Avec Ken Bruen, my Taylor is irish !

unnamed
Le premier de la série

 

Ken Bruen, c’est un auteur irish. Ces initiales KB ont un grand avenir dans sa bibliothèque. Il ne s’est jamais autant senti d’empathie pour le personnage que cet auteur irlandais a inventé : Jack Taylor.
Ce personnage vit à Galway, Irlande (oui, my Taylor is irish !). Il fait partie de l’âme de la ville. A soul à rouler par terre. Galway, noire sœur de la Poisonville de Dashiell Hammett.

Ce Jack Taylor est une créature de roman noir, un être torturé. Il lutte contre ses démons en buvant et en lisant. Les deux abondamment. Il ne boit pas : il se noie. Ne dites pas à sa mère bigote qu’il est au pub, elle le croit avec le Père Malachy.

Le livre abonde en références littéraires et musicales. C’est un vrai plaisir d’intertextualités. L’une des particularités de ce personnage c’est qu’il lit abondamment. Du roman noir. De la mise en abime.

Le personnage lit. L’auteur cite.
Ses auteurs préférés sont : David Goodis et Horace Mac Coy.
Parfois la citation sort du roman noir. Ce peut être de la poésie irlandaise, voire, à défaut de trouver Proust on peut croiser soudain Pascal.

Il y a des citations et parfois des digressions. Par exemple une bio express de David Goodis sur deux pages. Quand le roman se fait dictionnaire ou journal intime de lecteur de polars.

La série des Jack Taylor est un chant éraillé et poignant au pouvoir des livres. Il faut lire la description poignante de cette carte de bibliothèqueEt tant pis si ce savoir livresque tombe souvent dans du savoir L’ivresse. Jack Taylor a ses failles. C’est un homme-Livre et un homme-ivre.
Ce failles, ces fêlures, laissent passer la lumière. Flic, il a été renvoyé du métier pour avoir mis son poing dans le visage d’un homme politique. Le prime minister, en prime.
Il ne travaille plus pour la Garda (le nom que porte la police irlandaise), mais il continue à enquêter. Son bureau, c’est le pub. Il n’est pas en quête de rachat. C’est noir comme le café qui suit la cuite. La vie, à la fin, ça s’écrit H-I-É.

Dans cette série de romans, il y a des intrigues policières, mais elles ont l’importance du MacGuffin chez Hitchcock. C’est Galway vue par Taylor qu’il faut traquer. Chez Bruen, on rit et on pleure. C’est ça qui est important.

Outre la littérature, la musique (et le football), les éléments qui rendent attachante la prose de Ken Bruen, c’est cette usage de la liste. Un truc. Un gimmick. Homère avait son catalogue des vaisseaux dans L’Iliade. Ken Bruen dresse de saisissantes listes noires.

Les adaptations hollywoodiennes des romans de Bruen sont décevantes. Édulcorées.
En revanche, la série télé irlandaise faite à partir des romans est de grande qualité. L’acteur endosse à merveille la vieille veste de la Garda. Celle que se refuse à rendre Jack Taylor (malgré les multiples courriers de son ancienne autorité de tutelle). Flic un jour, flic toujours.

5 commentaires sur “Avec Ken Bruen, my Taylor is irish !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s