Lire peu ou Proust…ou Joyce

marilynQuand on part en Grèce, on prend dans ses bagages L’Odyssée d’Homère. Quand on part en Irlande, on emporte l’Ulysse de Joyce. Faut pas chercher, c’est un concept. Beckett et Swift n’ont qu’à bien se tenir. Quant à Oscar Wilde, il y a des papillotes qui feront l’affaire.

L’Ulysse de Joyce est une œuvre marmoréenne et mallarméenne. Bref, illisible, mais remarquable, la Rolls Joyce de la littérature mondiale. Comme un Nom-Retour, initiales JJ. Une Rolls dont tout le monde parle et dont peu ont eu un exemplaire entre les mains (Marilyn, elle, en a eu un). C’est un pavé qui a mis en déroute beaucoup de bonnes intentions.

Réécriture de l’Odyssée ? Ré-et cri de Munch ! lancent des lecteurs horrifiés, sortis rapidement de ce labyrinthe irlandais et cherchant un pont duquel se jeter !

Lire peu ou Proust…ou Joyce.

Mais quand on part en Irlande, il faut faire couleur locale, non ? (Avec un livre ou vert). D’autant plus que ce livre est à bout de soufre et ne fait courir aucun risque à son lecteur (« pendant un certain temps, c’était le livre qu’on passait à la douane sous des couvertures d’emprunt »). L’Irlande et un petit Jamais sans mon Joyce. Certes, le petit pèse dans les valises, mais c’est l’occasion ou jamais, non, James ?

Des centaines de celtes pages.
Ô, Joyce !
Dublin et des jeux !

Quelle version prendre ?
Une version française ou une version bilingue pour profiter des jeux de sons, de mots ?

Quelle traduction ?
Il n’y en a eu que deux. Une traduction chez Gallimard en 1937. Une seconde en 2004, toujours chez Gallimard, œuvre de huit traducteurs différents (entreprise cyclopéenne, forcément).

Le net recèle de conseils. « Mais il n’est même pas indispensable de connaître l' »Odyssée », parce que d’autres vous diraient qu’il faut connaître l’annuaire de Dublin de 1904 pour identifier ceci et cela… »
Lui, connaît l’Odyssée, mais l’annuaire de Dublin de 1904…euh…pas encore…

Et s’il reste, s’il ne part pas ? Il pourra toujours lire du Houellebecq, un français revenu d’Irlande. En tout cas, pour ses éphémérides, il a déjà noté que le 16 juin, c’est le jour où se situe l’action du roman.

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