La mort programmée à 62 ans : beau comme une réforme des retraites

Son auteur se nomme Ira Levin (1929-2007)
Il est l’auteur d’un tas de livres qui sont devenus des films (ex. Rosemary’s baby ou Ces garçons qui venaient du Brésil).
Le titre original est This Perfect Day. Un titre meilleurdesmondesque.
En français, ça donne Un Bonheur insoutenable. Insoutenable, un adjectif qui nous parle. On pense à un modèle de consommation insoutenable, à un modèle américain, à un modèle de croissance insoutenables. Bref, l’adjectif ‘insoutenable’ nous est familier.

Ce livre est paru en 1969 et aurait pu parler de 1996, comme un certain 1984 publié en 1948.

Dans ce monde il n’y a plus ni guerre, ni pauvreté, ni faim, ni solitude.

L’humanité dépend d’un ordinateur caché sous les Alpes.
Les hommes vivent dans une dictature bienveillante.
Il y est question de drogue, de passivité, de bonheur imposé.
Il y a des scanners qui identifient les individus qui ne sont sinon que des identifiants alphanumériques.
Le mardi est appelé marxdi, le mois de mars marx.
Les différences entre hommes et femmes sont effacées.
Jésus est un des quatre prénoms masculins autorisés.
Il existe trois modèles de maisons.

Dans ce monde oppressant, il y a tout de même deux héros.

Et puis surtout, c’est ce qui a attiré mon attention : la mort est programmée à 62 ans. Tiens, c’est l’espérance de vie en bonne santé des hommes en France (62,7 chez les hommes, 64,1 ans chez les femmes).

La mort est programmée à 62 ans : c’est beau comme une réforme des retraites.

Je ne sais pas vous, mais j’ai une furieuse envie de le lire.

N.B :j’ai découvert l’existence de ce bouquin sur la 4ème de couverture du livre qui était placé à côté de celui que j’ai acheté. On ne sait jamais avec le hasard !

le livre chez l’éditeur

4 commentaires sur “La mort programmée à 62 ans : beau comme une réforme des retraites

  1. … Eh ben … ça pourrait aussi rappeler quelques plus anciennes solutions … pour ce qui se trouve des morts bien programmées …

    https://www.monde-diplomatique.fr/2000/11/SWIFT/2569
    « (…) J’ai fait le calcul qu’en moyenne un enfant qui vient de naître pèse vingt livres, et que dans l’année solaire, s’il est passablement nourri, il ira à vingt-huit.(…)
    D’un cœur sincère, j’affirme n’avoir pas le moindre intérêt personnel à tenter de promouvoir cette œuvre nécessaire, je n’ai pour seule motivation que le bien de mon pays, je ne cherche qu’à développer notre commerce, à assurer le bien-être de nos enfants, à soulager les pauvres et à procurer un peu d’agrément aux riches. Je n’ai pas d’enfants dont la vente puisse me rapporter le moindre penny ; le plus jeune a neuf ans et ma femme a passé l’âge d’être mère.

    Texte de 1729. « Modeste proposition sur les enfants pauvres d’Irlande » de Jonathan SWIFT …

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  2. (…) Au moment où nos dirigeants osent invoquer l’esprit du CNR tout en détruisant son programme, il nous semble indispensable de rappeler les valeurs d’un programme dont le nom même est porteur d’espoir : « les jours heureux ». Heureux !!

    Avec salutations amicales .

    J’aime

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