Bonne heure littéraire : 19h30

[Incipit]

« 10 avril, 19 h 30. Hôpital militaire du Val-de-Grâce, Paris 14e

La sueur perlait sur le front de l’adolescente qu’une tente stérile protégeait du monde extérieur.»

La disparition de Perek d’Hervé Le Tellier

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Bonne heure littéraire : 15h00

« Blake boit donc son café, sans sucre ni inquiétude. Il lit le livre conseillé par Flora ; il n’a pas avoué à sa femme qu’il a reconnu l’auteur dans le Paris-New York de mars dernier. Il est midi, Flora a emmené Quentin et Mathilde chez ses parents. Il sèche le déjeuner, car ce matin même, il a fixé un rendez-vous à quinze heures : un contrat, reçu la veille au soir. Une affaire simple, bien payée, le client a l’air très pressé. Il doit juste repasser rue La Fayette, pour se changer, comme il le fait toujours. À trente mètres de lui, un homme à capuche l’observe, le visage fermé. »

L’anomalie d’Hervé Le Tellier

Bonne heure littéraire : 21h30

À lire à l’heure

« Car Meredith s’ennuie à Princeton. La Londonienne n’aime pas cette ville de province, où le restaurant japonais – celui qui reste ouvert « tard » – fait clignoter les lampes dès neuf heures et demie pour signifier qu’il va fermer, ce campus qui tente de ressembler à Poudlard avec ses donjons et ses beffrois moyenâgeux du dix-neuvième, elle ne s’habitue pas à ces étudiants qui se croient sortis tout droit de la cuisse de Jupiter et qui, sous prétexte que leurs parents ont déboursé soixante mille dollars de frais de scolarité, lui mailent à toute heure des questions triviales sur le théorème de non-plongement de Gromov, questions auxquelles ils exigent une réponse immédiate, alors que zut, quoi, il leur suffirait de consulter sur Wikipédia l’entrée concernée, fort bien rédigée, elle exècre ces enseignants qui la regardent de haut, St. Andrews – son université d’origine – ne pouvant évidemment égaler Princeton, puisque eux y sont, à Princeton, CQFD.  »

L’anomalie d’Hervé Le Tellier

Bonne heure littéraire : 16h26

À lire à l’heure

« Sur l’écran, à 16 heures 26 minutes 34 secondes et 20 centièmes, les vidéos divergent et l’écran divisé devient un jeu des sept erreurs : à gauche, une passagère voit ses lunettes s’envoler tandis qu’à droite elle les garde sur son nez, ici un coffre à bagage s’ouvre, alors que là il reste fermé. Et surtout, il fait sombre à gauche tandis que dans la vidéo de droite un soleil radieux illumine la cabine. Le premier avion poursuit sa route agitée dans le terrible orage du 10 mars, quand le second a jailli dans le ciel calme du 24 juin à 18 h 07. »

L’anomalie d’Hervé Le Tellier

C’est pas du story-telling, mais du stories-Tellier

L’auteur, Hervé Le Tellier, a déjà écrit une vingtaine de romans. Dans son dernier, il en écrit presque vingt à la fois. Ou plutôt c’est un seul roman qui accueille de multiples genres différents : policier, espionnage, science-fiction, même de la chick-lit.

C’est pas du story-telling, mais du stories-Tellier.

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