Bonne heure littéraire : 11h45

À lire à l’heure
index« — Pourquoi souriez-vous ? demanda-t-il.
— Je ne sais pas, répondit-elle en riant. Pour Dieu sait quelle raison, je me sens brusquement béate. En sursis.
— En sursis ?
— Comme si je devais aller à la chambre à gaz ce matin à… (elle consulta sa montre)… onze heures quarante-cinq précises. Et que le gardien venait d’entrer dans ma cellule pour me dire : « Miss Kane, je tiens à être le premier à vous féliciter. On vous a accordé un sursis. » Alors, je respire à pleins poumons et, au lieu du cyanure, je sens les arbres du parc et l’eau du lac. Et les étals de fleurs et les charrettes de fruits.
— Et vous êtes sûre que vous ne sentez pas aussi la gnôle ?»
Mortelle randonnée de Marc Behm (1980)