Des causes de la fin de l’Empire romain, des années qu’on en cause.

Depuis ce film de 1986 avec Jeff Bridges, on sait qu’il y a Huit millions de façons de mourir. Paul Simon nous a appris, bien avant, en 1975, qu’il y avait cinquante façons de la/le quitter, 50 ways to leave your lover.  
On explique un départ. Pourquoi pas une chute.
Celle de l’Empire romain, par exemple. 

Le nombre de façons d’expliquer sa chute est en expansion.
 210, au milieu des années quatre-vingt. Et maintenant bien davantage !

Sa fin serait due, au choix, à des canalisations en plomb, à une pandémie, à des invasions barbares, à un collapsus économique, à une décadence morale, à un autoritarisme, à la corruption, à des responsables fantoches, à des variations climatiques,

Des causes de la fin de l’Empire romain, des années qu’on en cause.

Il y a un inventaire de plusieurs centaines d’explications. Consultable, ici : https://courses.washington.edu/rome250/gallery/ROME%20250/210%20Reasons.htm L’œuvre d’un historien allemand, Alexander Demandt.

La 203ème, peut-être la plus saisissante : « 203. Tristesse ».

Même sur fond d’univers impitoyable, l’SPQR antique, ce n’est pas Dallas et JFK. L’ampleur, la dimension internationale. Pas un monde en pleurs derrière une caméra qui tremble. À côté de la liste des causes de la chute de l’Empire romain, les théories sur l’assassinat de JFK forment un corpus ridicule.

Contre les clichés, des explications multi-factorielles. 

Et plutôt qu’une chute soudaine, un processus lent mais fatal.
Les dinosaures ne savaient pas lire et ne purent donc pas comprendre ce qui leur arrivait. Il n’y avait pas de dinosaures collapsologues.

Nous pouvons nous interroger. Par-delà sa chute, l’Empire romain nous chuchote, se prenant pour Hugo : « Insensé qui crois que je ne suis pas toi ». Nous, c’est L’Empire romain, en pire ?

Bien sûr il y a le lot incontournable de théories fumeuses. Allez savoir si un bretzel n’aurait pas étouffé Romulus Augustule. Peut-être plus sérieuse, l’introduction du fer à cheval qui aurait déséquilibré la cavalerie romaine. Et il y a ceux qui soutiennent que l’Empire romain n’a pas disparu. Pain, jeux du cirque et dinosaures !

Voir ce documentaire d’Arte : Qui a tué l’Empire romain ?

3 commentaires sur “Des causes de la fin de l’Empire romain, des années qu’on en cause.

  1. Bonjour à ceux qui suivent , 😊

    Dans la liste des 210 bonnes raisons du déclin de l’empire romain au ‘ Fall Roms’ de 1984 par DEMANDT , il y a la clause 25 : ‘ Capillarite sociale ‘ .

    Traduite en français, l’on y adjoindrait volontiers l’accent au té : pour … Capillarité !

    De ses études ( * ) sur les fonctionnements démocratiques, d’effet l’ Arsène, on songera au sens premier de cette dite capillarité sociale , pour qualifier les … ‘ ambitions dévorantes ‘ …

    Et si l’on en revient à ZOLA ( * * ) en 1899 : « Dans une démocratie, tout petit bourgeois peut et veut s’élever (…) Cette ascension générale, ce phénomène de capillarité, n’est possible que dans un pays d’égalité politique et d’inégalité économique… »

    Notes :
    ( * ) https://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1989_num_44_6_3524
    ( * * ) : https://www.cnrtl.fr/definition/capillarit%C3%A9

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  2. ‘ Apollon Champion ‘

    Par Théophile de VIAU ( à peu près 1590 – 1626 ) , Du recueil : « Œuvres poétiques – Première partie »

    ‘ Moi de qui les rayons font les traits du tonnerre,
    Et de qui l’univers adore les autels;
    Moi dont les plus grands dieux redouteraient la guerre,
    Puis-je sans déshonneur me prendre à des mortels?

    J’attaque malgré moi leur orgueilleuse envie,
    Leur audace a vaincu ma nature et le sort;
    Car ma vertu qui n’est que pour donner la vie,
    Est aujourd’hui forcée à leur donner la mort.

    J’affranchis mes autels de ces fâcheux obstacles,
    Et foulant ces brigands que mes traits vont punir,
    Chacun dorénavant viendra vers mes oracles,
    Et préviendra le mal qui lui peut advenir.

    C’est moi qui pénétrant la dureté des arbres,
    Arrache de leur cœur une savante voix,
    Qui fais taire les vents, qui fais parler les marbres,
    Et qui trace au destin la conduite des rois.

    C’est moi dont la chaleur donne la vie aux roses,
    Et fais ressusciter les fruits ensevelis,
    Je donne la durée et la couleur aux choses,
    Et fais vivre l’éclat de la blancheur des lys.

    Si peu que je m’absente, un manteau de ténèbres
    Tient d’une froide horreur ciel et terre couverts,
    Les vergers les plus beaux sont des objets funèbres,
    Et quand mon œil est clos tout meurt en l’univers. ‘

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