La force du mou (pour éviter l’amorce du fou)

La force du mou pour éviter l’amorce du fou.

La reprise, le redressement, la réforme, la planification, les objectifs, la start-up, les mots sont minés.
Ils sont minés et ne sont pas mous dans leur signifiant. Action-men et Super-Héros.
Quoi ? Ce serait mal d’être molle/mou ? Au contraire, il s’agirait de faire dans le dur ? En mode Duracell, longtemps, longtemps, longtemps…


Ah s’avachir et regarder les trains qui passent. Quel pied dans le canapé. Cri du cœur et crise d’ado (pour rire).


C’est l’éloge du mou que fait ce livre. L’éloge et sa considération. Qu’est-ce qui cloche dans une société qui condamne la mollesse ? Si le seul outil que vous avez est un marteau, vous verrez tous les problèmes comme un clou. Derrière ce Planter perpétuel, un plan B se dessine.

Cet essai sur le mou, la mollesse est structuré en trois parties qui abordent La Morale, puis Le Corps, enfin La Politique. Pas de panique. La lecture est facile.

La mollesse, ce n’est pas du laisser-aller, de l’avachissement, mais une prise en main, comme une pâte à transformer pour en faire une force.

Les références sont nombreuses. En un joyeux pêle-mou.
Ils sont tous là, sur la photo de famille (attention, le petit oisif va sortir !) : Tocqueville (dont l’autrice est spécialiste), Hegel, Alexandre le Bienheureux (plus calme que son chien), Antonin Caracalla (un cruel empereur romain), Booba, Machiavel, Orelsan, Balzac, Camus, Montesquieu (et la théorie des climats reprise à l’antiquité), Warhol, Bachelard (qui a bien parlé de la mollesse), Hollande (tiens, on ne parle pas de Ballamou), Dali (et ses montres molles), Gandhi (et la non-violence), le poulpe des Travailleurs de la mer de Victor Hugo, Peau d’âne… Et même Voltaire, à qui, in fine, l’autrice laisse le mot (mot-laisse) de la fin :
« J’aime le luxe, et même la mollesse, » Dans ce « même », une affirmation, une audace : Je vais jusqu’à dire que j’aime la mollesse.

C’est une petite synthèse culturelle, c’est pop, c’est stimulant. Ce n’est pas pesant. Léger. Pour ne pas réduire nos coups de mou à du temps perdu et les voir comme les coulisses indispensables de nos actes (jusqu’à la tragédie finale).

La force du mou de Géraldine Mosna-Savoye, éd. de L’Observatoire

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