En hommage posthume, s’ouvrir les Veyne

Ce spécialiste du stoïcisme et du philosophe Sénèque aurait peut-être souri qu’à sa mort je m’ouvre des Veyne (Sous Néron, le philosophe romain reçut l’ordre de se suicider et s’ouvrit les veines ; Paul Veyne écrivit un essai sur cet auteur qui servit de préface à une édition des Lettres à Lucilius, ed. Bouquins).

J’ai beaucoup lu, écouté Paul Veyne. Je ne manquais ni un livre, ni une émission, ni un article. J’étais allé le voir pour une conférence sur la Villa des Mystères à Pompéi. J’avais le même rapport avec lui qu’avec Bertrand Tavernier. Des bêtes de Somme, des Puits de science.

J’aimais son érudition plaisante, son gai savoir. J’aimais ? J’aime.

J’étais en revanche en désaccord avec sa vision d’une maîtrise des langues antiques réservée à quelques centaines de spécialistes. Bon, sans avoir de quoi lutter contre… Ce grand spécialiste de ce monde qu’il appelait gréco-romain ne tenait pas à l’enseignement du latin au collège et au lycée (tout en s’en foutant un peu aussi). Paradoxe de cet homme qui, sans le savoir, a nourri tant de mes cours de latin offerts aux élèves de collège. Par exemple, sa réponse à la question qu’il posait dans son livre Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? (oui, sans y croire).

En hommage à cette figure des Lettres Classiques, je vais continuer à m’ouvrir des Veyne.

Ce matin, dans son Palmyre, l’irremplaçable trésor (Albin Michel, 2015), je (re)lisais que l’armée romaine avait confié à de rudes montagnards dauphinois le soin de surveiller la cité de Palmyre et ses déserts hostiles. Le Dauphiné, ça me parle local.

Enseigner le latin en rude montagnard dauphinois, au milieu du désert, voilà peut-être son premier souriant enseignement posthume.

Un commentaire sur “En hommage posthume, s’ouvrir les Veyne

  1. Bonjour , 🙂

    Si enseigner le latin en rude montagnard dauphinois, au milieu du désert, est un premier … ‘ensignement’ … le deuxième sans avoir de quoi lutter contre … vaut peut-être pour la question de ‘sûrevie’ dans le désert, alors même que lorsque les hostilités se font saccages démesurés .

    Souvenirs de PALMYRE, c’était en 2015 .

    (À 1mn 15 de la vidéo Qu’est-ce que vous auriez fait ? … Vous voyez )

    De Paul VEYNE l’épigraphe ‘ Ne vouloir connaître qu’une seule culture, la sienne, c’est se condamner à vivre sous un éteignoir.’

    https://www.rtl.fr/culture/arts-spectacles/paul-veyne-raconte-la-destruction-de-palmyre-par-daesh-7780626159

    Aimé par 1 personne

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