Correctrices et correcteurs : entre prestige et précarité

Correcteurs et correctrices : entre prestige et précarité.
PRESTIGE. PRECARITE. Le bonheur des correcteurs n’est pas dans n’importe quel PRE.

Le manuscrit d’un auteur se doit sans faute. Sans aucune faute ? Il se doigt dans l’œil… Le manuscrit est fini. Vient alors l’édition du texte et ensuite tout le tremblement. C’est la multiplication, l’empilement des versions, des corrections. Y a ce qu’on ajoute, y a ce qu’on retranche, y a ce con tout court.

Les auteurs sont si peu avares en mots qu’ils en inventent. À ces fous d’or noir les coquilles offriront, dans l’ornière, une protection contre le péché d’orgueil et de perfection.

On le sait d’un grain de sable naît une perle. Il est des coquilles qui ont du prestige, de l’élégance. (p.62 Les 6 jours du condor, « Le costaud ouvrit l’appareil photo de l’entrée et voilà la pellicule. ») Les auteurs ne peuvent pas tout déguiser en jolie coquille.

Le plus souvent cette difformité agace l’œil, énerve lecteurs et auteurs. L’auteur râle. Le lecteur de bibliothèque annote au crayon de papier dans la marge.

Sans vous, correctrices, correcteurs, tout partirait en coquilles. On vous réduit à des normes, à des codes, l’auteur ne pense qu’ode à votre métier. Merci. Merci.

Les correcteurs ne veillent pas seulement sur la typographie, l’orthographe, la grammaire, la conjugaison et la syntaxe des textes. Ce sont aussi des relecteurs qui veillent sur le sens, les informations, les répétitions…

Compter sur vous, c’est pouvoir penser un peu plus à ce qu’on écrit. Vous êtes les gardes du corps de notre texte. Avec votre vision panoramique du manuscrit, vous savez que si on bouge quelque chose ici, il faut vérifier que, là, rien n’est à changer.

Correctrices, correcteurs, luxe, calame et voluptexte.

Hélas, c’est ce que révèle livre, vous êtes souvent réduits à un travail à la tâche. Vous qui vérifiez tout, qui vous assurez que l’ensemble tient, vous êtes soumis aux vents mauvais du précariat. Vous qui avez tout votre crédit auprès des auteurs, ne l’obtenez pas auprès des banquiers qui jugent, eux, d’une stabilité financière. Coursiers en coquilles, correcteurs ubérisés.

Sachez que votre microentreprise ne dissimule pas, aux yeux des auteurs, votre entreprise à nulle autre pareille. Grâce à vous, les textes sont validés et le Bon à Tirer léger. Sans scrupule ni coquille dans la chaussure.

« Ni fatalisme, ni optimisme aveugle : au travail, on a du boulot ! », c’est la phrase qui clôt le livre « Correcteurs et correctrices : entre prestige et précarité », un livre à destination des correcteurs, des auteurs, des lecteurs, de tous ceux qui ont un lien fort avec le monde du livre.

Chaque auteur se méfie des coquilles. Il peut y prendre d’autant plus garde quand on sait que 40% des livres passés au pilon deviennent des rouleaux de toilettes. Alors si les livres ont des coquilles…Ouille !

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Un commentaire sur “Correctrices et correcteurs : entre prestige et précarité

  1. Bonjour,

    ✍ Question 1 soumise à relecture :
    < Hélas, c’est ce que révèle livre ( … ) se ferait donc bon pour annotation ?

    ✍ Question 2 :
    Les dits « travailleurs à domicile auto micro – entrepreneurs », sont-ils soumis au ‘ télétravail ‘ de cuisine ou de salle à manger, s’ils ne devaient pas disposer d’un espace bureau , ou , reçoivent-ils les ouvrages à relire par colis – livreurs ??

    Par ailleurs … belle idée que ‘ le deleatur à main levée ’ !

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