La cabine téléphonique ou Phone Booth

Phone Booth, comme on dit en anglais.

Cette cabine, c’est « Booth Endormie » depuis que les portables l’ont réduite à l’impuissance, à n’être qu’un objet de décor, parfois, pour l’aider à tourner la page, à devenir une bibliothèque vagabonde. [Victor Hugo qui inventa tout sauf le téléphone parlait lui de Booz endormi].

Elle a décroché de l’aventure numérique. Elle a raccroché son combiné, ses pièces tenues d’une main maladroite et qui tombent pour se coincer sous la plaque de métal gondolée qui sert de sol. Une variante de l’enfer pavé de bonnes intentions. Un réseau sans pièce est un réseau mort. Phone Booth a besoin d’une modeste obole.

Phone Booth. Booth, comme une bouche d’ombre d’où, brisant le silence, surgit une sonnerie digne d’un thriller, d’un film d’espionnage. Une ligne secrète, l’absente de tout bottin. Parfaite pour les appels anonymes ou les contacts clandestins. Une ligne qu’on ne peut tracer, sans coup de fil d’Ariane.

La cabine téléphonique et le huis-clos dont rêvait le Maître du suspens. Le cinéma d’Hitch, la cabine des Oiseaux et la téléphone de Dial M for Murder. Et un suspens suspendu au téléphone. En 2002, Joel Schumacher fait un film téléphoné : Phone Game avec Colin Farrell.

Un jour, dans les cabines, les pièces cédèrent la place aux cartes téléphoniques Et les cartes devinrent objet de collection. Et puis les cabines retrouvèrent des pièces en se transformant elles-mêmes en pièces de musée.

Renversant ! Grosse baleine du mobilier urbain, face aux Mobiles-Dick, elle est désormais L’Achab‘ine téléphonique.

Pour terminer, retour sur une légende urbaine

Un homme passe devant une cabine téléphonique. Elle se met à sonner. Il décroche. C’est sa secrétaire. 
Quel hasard ! Comment est-ce possible ?
Elle cherchait justement à le joindre.
Elle voulait l’appeler à son domicile mais elle a fait une erreur et elle a composé son numéro de sécurité sociale. Il figurait sur la ligne en-dessous du numéro de téléphone qu’elle prévoyait de composer. 
Ce numéro de sécurité sociale correspond au numéro de la cabine devant laquelle passait au même instant son patron.
La légende urbaine existe en plusieurs tailles, en plusieurs versions. Parfois c’est le numéro de la carte de crédit que la secrétaire transforme en numéro de téléphone. Cela dit, avec Pegasus, maintenant tout cela est très vintage.

Voir Le Génie des Coïncidences de John Ironmonger (Traduit de l’anglais par Christine Barbaste, éd. 10/18), où se trouve racontée, décryptée cette rumeur et tant d’autres.

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