Une intrigue sans nœud ? Juste une corde ?

Il se souvient d’un livre qu’il avait aimé à sa sortie : La corde de Stefan aus dem Siepen, éditions Ecritures, 2014 (traduction Jean-Marie Argelès).

C’est devenu une série. Avant de voir la série, il se souvient du livre.

C’est rare d’être autant enchanté par l’idée de départ : une énigmatique corde qui est déroulée sans fin à travers un bois. Enchanté à un tel point que la lecture se fait hésitante. La crainte d’être déçu, la peur de soulever la couverture (encore que…elle n’est pas géniale, la couverture du livre, but you can’t judge…). L’envie de conserver ses illusions sur son premier achat d’un livre traduit de l’allemand depuis belle lurette.

L’idée inaboutie, mal développée, ça existe.

L’histoire se passe il y a bien longtemps. Bien avant les câbles et les wi-fils, du temps des cordes…Et si ce récit parlait d’une corde qui s’étire à l’infini ? Et s’il s’agissait d’une intrigue sans nœud, juste d’une corde ?

Disons-le sans détour : de facture classique le livre est une réussite.

À la lueur du conte, chaumières et forêts, l’histoire reprend un ancestral thème, ainsi formulé dans le livre : «Quand le bonheur devient trop grand, le malheur n’est jamais loin.»

La découverte d’une corde par Bernhard est un événement qui sort du commun un paisible village s’apprêtant à faire sa traditionnelle moisson. Cette découverte n’est qu’un début. Et ça continue encore et en corde. Plusieurs villageois (et le village n’est pas grand) vont chercher à obtenir une réponse à la question que pose la présence, sinueuse et à perte de vue, de cet objet. Objet délié, objet du délit. Le village n’est pas à la fête et la corde n’est pas un serpentin.

L’équipée des villageois n’est pas très épique : sans doute parce que l’auteur cherche moins à asséner des coups de poing qu’à remuer l’estomac. Néanmoins les amateurs de péripéties en auront pour leurs 150 pages. L’auteur a beau être diplomate (de métier), il n’aura pas voulu éviter que le sang coule dans son récit.

Attention, ce n’est pas un conte de fée, c’est un conte de forêt. Il y a beaucoup d’animaux, des rochers, des pentes dangereuses, des arbres, des feuilles, des nuits passées à la belle étoile et quelques scènes de chasse…Le serpent tentateur, lui, se Grimm en corde. Et les loups, eh bien les loups sont des loups, bon sang !

La question que se pose le lecteur au long du récit concerne la possible éclaircie qui pourrait surgir au sein de la forêt. Une sorte de clairière poétique. En fait, la marche à pieds ne fait pas dans l’happy ending. La forêt se fait de plus en plus noire et le village, en bas, se dépeuple. Il y a même des chiens qui en perdent leur latin (sic).

La chute est hitchcockienne : évidemment la corde est un faux coupable.

Comme on l’a déjà dit, l’histoire se passe il y a bien longtemps, bien avant les câbles et les wi-fils, du temps des cordes et des éternelles paraboles.

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