20/25 L’auberge rouge, avec ou sans Balzac

Ce qu’il y a de bien avec les calendriers de l’Avent, c’est leur retour annuel (l’équivalent de 2020 est ici).

Cherchant l’un, on trouve l’autre. Et si on s’interrogeait sur des mots qui se ressemblent  ? Le Net est un grand pourvoyeur de confusions. Homonymes, homophones. Avec Internet, il faut être prudent. Une sérendipité réfléchie nous donnera davantage de distinction pour briller en société.

L’auberge rouge ? Avec ou sans Balzac ?

L’Auberge rouge (1951) est un film de Claude Autant-Lara qui vaut autant pour son aspect comique que pour son aspect féroce. On rit en tremblant. Et on tremble en riant. Ce film nous offre un trio d’acteurs magistral : Fernandel, Julien Carette, Françoise Rosay. L’histoire de cette auberge rouge puise son origine dans un fait-divers ardéchois.  Cela se passe en 1833, à l’auberge de Peyrebeille, dans la montagne (et au cinéma, dans un studio). Une diligence, un huis-clos et des aubergistes qui volent et tuent leurs clients fortunés. Selon la légende. Accompagnée, à l’écran, à l’orgue de barbarie (était-ce réellement une auberge de barbarie, cela reste à étudier). Arrivent un moine et son novice qui vont déjouer les plans les plus rodés de ces aubergistes cyniques. De l’humour noir dans la neige. Une farce tragique. Grincements de dents garantis sur fond de secret de la confession (derrière une grille à griller les châtaignes). Un Fernandel dans le rôle du moine, bien avant Don Camillo. Il y eut un remake par Gérard Krawczyk en 2007 (voir couverture du livre), qui cherchait, vu le casting,  à la jouer Les Aubergistes sont des ordures.

L’Auberge rouge (1831) c’est un court récit d’Honoré de Balzac. Lorsqu’on ouvre le livre, nos illusions sont vite perdues. Pas de trace d’un personnage dont se serait inspiré Fernandel ou de quelques aubergistes gouailleurs et hauts en couleur. Cela n’a rien à voir. Ce qui n’empêche pas ce lien sans cesse fait entre le texte et le film. On peut lire le résumé, ici.

Tout part, à l’époque du film, d’une ruse de Pierre Bost (1901-1975) et Jean Aurenche (1904-1992), scénariste et dialoguiste du film d’Autant-Lara. Un couple si fusionnel qu’on les appelait Aurenchébost (Tavernier les relança). Alors qu’ils avaient bien l’intention de parler de ces hôteliers assassins dans le 07, prétendre adapter un texte de Balzac fut leur moyen d’obtenir des financements. Le comte Czarnezci, riche marchand d’armes, qui finançait et voulait profiter du centenaire de la mort de Balzac (1850) n’y vit que du feu… Il faut dire que le duo avait déjà adapté Gide, Radiguet, Aymé, Colette, Stendhal… Du Balzac, ils gardèrent le titre et le décor (l’auberge). C’est très mince mais pas besoin de carbone 14 pour trouver trace de Balzac.

Si on veut voir L’Auberge rouge de Balzac, il faut regarder la version de Jean Epstein, film muet de 1923.

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