L’hirondelle de Truffaut

J’ai dormi, un enfant est venu dans la dentelle.
Partir, revenir, bouger, c’est l’jeu des hirondelles
À peine installé, j’quitte le deux pièces-cuisine
On peut s’appeler Colette, Antoine ou Sabine

 (L’Amour en fuite de Souchon-Voulzy)

Truffaut demanda à Souchon d’écrire la chanson de L’Amour en fuite (1979). À deux doigts que l’hirondelle ne fasse pas le printemps. La faute à Disney qui abusait de l’aller-retour homme-animal. Truffaut ne voulait pas que son film ait des airs de Pan-Pan. C’est pourquoi il demanda à Pin-Pon, le futur pompier de L’Été meurtrier, d’éteindre ce qu’il prenait pour un feu lexical.

Une lettre du réalisateur au chanteur qui disait en substance : supprimez les hirondelles, s’il vous plaît.

Triste hirondelle. La marrie était en noir (et en blanc, un peu).

Alain Souchon s’est-il étranglé d’indignation devant ce courrier piétinant la licence de l’artiste parolier sur la musique de Voulzy : «Fallait la faire cette chanson, j’aurais voulu Voulzy voir ! »


Et pourtant ce Doinel sans cesse en courses, en empressements, devait trouver sa part d’équilibre. Des syllabes. Des rimes. Des rythmes. Oui, les hirondelles avaient leur place.

Truffaut le comprit de lui-même. Il oublia les airs Disniais et se concentra sur la foule de mots sentimentale offerte par Souchon.

« Partir, revenir, bouger, c’est le jeu des hirondelles »

C’est une hirondelle qui sert de bande originale à La Petite Voleuse de Claude Miller (1988). Un film qui repose sur un scénario de Truffaut.
Dans la musique du film, on trouve une vieille chanson : La P’tite Hirondelle.
Qu’est-ce qu’elle a donc fait 
La p’tite hirondelle
Elle nous a volé 
Trois p’tits sacs de blé
Nous la rattrap’rons
La p’tite hirondelle

La chanson figurait, à l’époque, dans la bande-annonce. L’annonce, les hirondelles aiment ça.

Oui, « Partir, revenir, bouger, c’est le jeu des hirondelles »

1979. D’abord volant dans la chanson de Souchon.
À chasser du texte selon Truffaut.
À faire revenir selon le même Truffaut.
1988. Et voilà l’hirondelle qui revient dans ce film inspiré de Truffaut.

Oui, « Partir, revenir, bouger, c’est le jeu des hirondelles »

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