La béate génération

À l’occasion d’un exercice dans un cahier de grammaire – on ne dira jamais assez la beauté incongrue des accidents de lecture dans ce type de cahier et la rencontre fréquente sur une table de dissection linguistique du parapluie et d’un fer à repasser – voilà que béat se transforme en beat.

Tel que. I tell it like it is.

Les jeunes ont la musique dans le sang. Et parfois, ça dure toute la vie. Et musique s’écrit souvent music, preuve d’un tropisme anglais en matière de son. Ces adeptes du beat le voient partout. Beat à bouffer du son.

L’élève lit « un sourire beat« . Et ça BIP! Un couac à la Kerouac.

L’expression parait imbitable.

Il n’y a pas de mauvaise intention. Aucunement la volonté de casser les Beat au professeur. L’erreur du lecteur est pleine de candeur.

Sous le masque, pas de sourire narquois.

Pas beat. Le sourire est…béat ? Ah ! On ne connaît pas le mot. Un mot s’apprend, ça prend un rien de temps. Béatitude, béatement, bouche bée, c’est la famille !

Pendant le covid, les travaux grammaticaux continuent. Et l’adjectif « béat(e) » surgit ainsi au détour d’un travail linguistique.

Quand on découvre que le mot Beatnik s’est formé de la collision, en pleine guerre froide, du mot Beat et du mot Spoutnik, on se dit que l’histoire bégaie.

2021. Collision du beat avec béat en plein débat autour du vaccin russe Spoutnik.

Le match n’est pas perdu

Covid : 19. Vocabulaire : 1

Ni beat generation, ni génération désenchantée.

Spéciale dédicace à Spoutnik V et à la désormais béate génération.

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