Bonne heure littéraire : 22h20

À lire à l’heure

« Ici, ils se couchent tous à huit heures comme les poules. Je ne me suis jamais couchée avant dix heures vingt, quand passait le rapide pour Atlanta. Remarquez, ici, moi aussi je me couche à huit heures et j’éteins la lumière, mais c’est pour ne pas déranger Mrs. Otis, parce que je ne m’endors jamais avant d’avoir entendu siffler le vingt-deux heures vingt. On peut l’entendre à travers toute la ville. Notez que c’est peut-être seulement dans ma tête que je l’entends siffler, mais ça ne fait rien, parce que pour moi le sommeil me prend toujours à cette heure-là. »

Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg

Un commentaire sur “Bonne heure littéraire : 22h20

  1. Léon Gozlan (1803-1866)
    ♪ ‘De neuf heures à minuit’
    Victor Lecou, 1852.

    (…) Il se faisait tard, la nuit venait à grands pas. Je me hâtai de me rendre à Mont-Saint-Jean en traçant toutefois un long circuit dans les terres, afin de passer devant la ferme de la Belle-Alliance. De lourds nuages pesaient sur l’atmosphère, le temps tournait à l’orage ; je commençais à craindre que le 18 juin 1849 n’imitât un peu trop le 18 juin 1815. J’atteignis pourtant sans accident notable un monticule voisin de la ferme de la Belle-Alliance, et je m’arrêtai sur cette hauteur pendant quelques minutes, afin de me peindre l’immense mouvement de l’armée anglaise et de l’armée prussienne, au moment où elles vinrent l’une vers l’autre après la bataille, à cette heure fatale ♪ où nous venions de la perdre. Quelle sombre majesté dans ces deux armées qui avaient perdu plus de cinquante mille hommes pour opérer cette fusion si simple et si formidable, se rapprochant, marchant front contre front, mais mutilées, hachées, sanglantes, couvertes de boue, les tambours crevés, les bannières déchirées, grandes, plus grandes que jamais puisqu’elles avaient vaincu la grande armée !
    Le soleil s’abîmait comme aujourd’hui dans des nuages orageux. Napoléon, courbé sur son cheval, s’abîmait aussi dans sa gloire.
    Le duc de Wellington et Blücher tombèrent dans les bras l’un de l’autre au milieu d’une des salles de la ferme de la Belle-Alliance.
    — À Mont-Saint-Jean ! à Mont-Saint-Jean ! criai-je à mon guide.
    — Monsieur ne veut donc pas entrer dans la ferme ?
    — Non.
    J’arrivai à l’hôtel du Mont-Saint-Jean exténué de fatigue et d’émotions. Dix minutes après, je courais vers Bruxelles.
    Et l’Anglaise ? j’oubliai de demander ce qu’elle était devenue.

    Source : https://fr.wikisource.org/wiki/De_neuf_heures_%C3%A0_minuit_(Gozlan)

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