« Le chemin a deux bouts et aux deux quelqu’un m’attend »

51Bl2lTJuCL._SX210_Episode 1 : Le monde du bout du monde

Pour ce deuxième épisode, il aurait dû, chronologie oblige, parler du Vieux qui lisait des romans d’amour. Il l’a déjà lu et relu et l’a même fait étudier à ses élèves. Il y reviendra plus tard.

Patagonia express (1994) est le titre original. Le neveu d’Amérique, son titre français convient mieux. Ce fut d’ailleurs le titre d’une pièce de Jules Verne (1873), intéressant quand on sait le goût de Sepúlveda pour l’imaginatif romancier français. Amusant aussi quand on sait que le livre de Sepúlveda est devenu une pièce de théâtre.
Le neveu d’Amérique. Ce titre dit bien la boucle des récits qui font ce livre et la recherche de filiation et le lien aux ancêtres qui animent l’auteur.

L’architecture du livre est façon puzzle. Le lecteur lit des chapitres plutôt courts.

La figure liminaire du grand-père est très attachante. Ah, ce vieil anar qui se gêne pas pour faire boire exagérément son petit-fils pour qu’il puisse… pour qu’il pisse sur les portes des églises ! Un personnage qui en dit long sur la veine politique et humoristique de Sepúlveda.
La mise en abyme littéraire continue. Là, il est question de « grade garciamarquézien de colonel ». Là, le narrateur rencontre Bruce Chatwin et il est à nouveau question de son En Patagonie, « un des meilleurs livres de voyage de tous les temps »
Le Chili ce sont évidemment des souvenirs douloureux de prison et de la fortification intellectuelle de ces enseignants privés de liberté.
Ensuite, c’est l’exil forcé tant que dure la liste noire.
Ce sont des apparitions westerniennes, celles de Butch Cassidy et Sundance Kid, forts de leur légende anarchiste. L’amateur de ce genre cinématographique se souvient du « Kid, the next time I say, « Let’s go someplace like Bolivia, » let’s go someplace like Bolivia. » prononcé par Paul Newman dans le film de George Roy Hill.
Il y a un étonnant concours de mensonges.
Il y a ce convoi funèbre loufoque et aérien.
On retrouve ce bateau, le Cacafuego déjà croisé dans Le monde du bout du monde.
On croise un Prix Nobel alternatif qui alerta sur le trou de la couche d’ozone puis on comprend les raisons pour lesquelles l’auteur, alors journaliste, appelé à faire son portrait s’en abstint.
On fait connaissance avec la première commune libre de Patagonie, baptisée Soviet.

Il y a cette chanson chilienne qui dit « Le chemin a deux bouts et aux deux quelqu’un m’attend »

Un voyage du Chili à l’Andalousie sous le signe d’un sacré grand-père qui disait « Nul ne doit avoir honte d’être heureux ».

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