Le coronavirus et le théâtre

Le coronavirus s’invite dans le domaine de la culture. Lui qui préfère le bouillon de culture ne se prive pas d’imposer ses règles sur toutes les scènes de France. Un rapport tout récent remis au plus haut sommet de l’État préconise d’adapter la mise en scène pour distancer les acteurs. Ce ne sont que des propositions. Pas de comédiens en face à face, tête à tête, encore moins dans les bras l’un de l’autre. Que ce soit pour une scène d’amour ou de colère. Si les consignes ne sont pas applicables, il faut pratiquer un test sérologique et le contrôle de la température le jour de la mise en scène. De quoi rappeler à tous qu’on vit de l’inédit.

« On annule la représentation de ce soir, votre partenaire a 37°9 C. »

À la lecture de ce rapport, la prise de température est immédiate. L’impératif prend un ton impérieux.

Bien sûr, l’amour a ses limites au théâtre, notamment quand on sème le corona. Et puis (cela a été assez chanté en manif) qui sème la colère, récolte la tempête (virale). Dans la joute verbale, en cas d’impératifs sanitaires, qui tendra l’autre joue ?

Pour représenter une scène d’amour, privilégier le balcon de Roméo et Juliette ou celui de Roxane et Cyrano. Tout en vérifiant bien que Roxane et Juliette ne sont pas malades. Si c’est le cas, le mieux serait d’installer le balcon à même le sol pour éviter les projections. La plate forme netflixienne n’a qu’à bien se tenir.

Tenessee Williams et son Tramway nommé désir sont aussi des choix possibles.
Heyyyyyy ! Steeelllllllaa !
Faire attention à ce que Stanley Kowalski ne braille pas trop. Brando devait postillonner à des distances guinessbookiennes.

Pour une scène de colère, privilégier des scènes au téléphone ou par mail ou de personnages hurlant en marchant à reculons. Le mieux serait un personnage en colère hurlant du fond d’un fiacre qui l’emporte au loin . Mais cela demande un décor de taille et une large scène.

Les scènes de premiers regards, de love at first sight vont avoir le vent en poupe. De même la litote cornélienne, le « Va, je ne te hais point » est corano-compatible. Pareil pour « le tchip », ce bruit de bouche qui fut en vogue dans les quartiers et marquait le mépris : un petit postillon vaut mieux qu’une empoignade fût-elle en alexandrins, non ?
Peut-être faut-il privilégier dans les représentations des couples qui sont les mêmes à la ville et sur scène, à la Renaud-Barrault.

En tout cas les représentations scolaires sont inenvisageables. Pas de plaisanteries.

La culture a impérieusement besoin d’aides, de fonds d’aides, d’aides de fond.

3 commentaires sur “Le coronavirus et le théâtre

  1. Excellent, cher Rédacteur, cet article 😊

    « l’ajout impérieux, rieuse … fait-il patchwork ⁉️»

    C’est 💪une précise question … En effet, devant la pléthore des propositions monumentales & toutes protocolaires, 🧪… après l’accueil des jeunes élèves, la compétition devient serrée en ces dystopiRs ✨de nos temps politisés…

    Pour ceux qui ne connaissent pas encore, il faudrait résolument, revoir absolument , l’excellent film ‘BRAZIL’, de 1985 (GB) , réalisé par Terry GILLIAM, avec entre autres talents, Robert De Niro … Jonathan Pryce, Kim Greist …

    Avec amicales salutations

    Aimé par 1 personne

  2. – Une reprise, comme reprisage ???

    – Pour le rideau:

    ‘Vous sonnerez à la porte de gauche, sur laquelle d’ailleurs vous lirez: « MlleChardin, repriseuse de dentelles et de cachemires »’ Balzac, Cousine . Bette, 1846 !

    … Quant à la référence présidentielle à ‘Chevaucher le Tigre ‘, on la doit à un certain Julius EVOLA :
    D’après BABELIO : < Dernier écrit important d'un iconoclaste sans passion, Chevaucher le tigre dresse une critique implacable des idoles, des structures, des théories et des illusions de notre époque de dissolution. (…)

    – Eh Ben …

    Bref : ‘À la Tiare, qu’homme je t’y pousse …
    Julius et voilà !’

    Source :
    https://www.nouvelobs.com/politique/20200506.OBS28487/macron-aux-artistes-enfourchez-le-tigre.html

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  3. De Wiliam B’ lake …

    « Tigre, Tigre, brûlant brillant,
    Dans les forêts de la nuit,
    Quelle main, quel oeil si puissant
    A forgé ton effroyable symétrie ?

    Dans quels cieux ou abîmes insondés
    A brûlé le feu de tes yeux ?
    Quelles ailes peuvent l’emmener ?
    Quelle main a osé en saisir le feu ?

    Mais quel bras, et quel art
    Purent façonner les muscles de ton coeur ?
    Écoute comme il bat !
    Que des mains, que des pieds de terreur ?

    Quelle chaîne, quel marteau ?
    De quelle fournaise sortit ton cerveau
    Et l’enclume ? Quelle poigne cruelle
    Osa étreindre ses terreurs mortelles ?

    Quand les étoiles eurent abandonné leurs armes,
    Et trempé le ciel de leurs larmes,
    A-t-il souri son forfait accompli ?
    Celui qui créa l’agneau t’as-t-il fait aussi ?

    Tigre, Tigre, brûlant brillant,
    Dans les forêts de la nuit,
    Quelle main, quel oeil si puissant
    A forgé ton effroyable symétrie ? »

    … Eh Ben …

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