Bonne heure littéraire : 20h15

À lire à l’heure

51Lup+FMgBL._SY291_BO1,204,203,200_QL40_ML2_« Trois cents mètres plus bas, au coin du Faubourg du Temple et de l’avenue Parmentier, une minuscule Vietnamienne pianotait dans la gueule ouverte d’un distributeur de billets. Chaussettes de laine et socques de bois, elle se hissait sur ses pointes. Il était 20 h 15 ; son image venait de se greffer sur tous les écrans de l’hexagone. Aux oreilles de chaque foyer, elle posait l’angoissante question de cette fin de siècle :

— Pouôtédger ? »

La fée carabine de Daniel Pennac.

2 commentaires sur “Bonne heure littéraire : 20h15

  1. « Un tueur de vieilles dames sévit à Belleville.
    Afin de servir d’appât, l’inspecteur Van Thian, de petite taille, se déguise en vieille dame vietnamienne, la « Veuve Hô », et parcourt ostensiblement les rues de la ville, sans cacher billets ni carte bancaire.

    Sur une scène de crime (un officier de police a été abattu), la foule des curieux observe les policiers. Le commissaire Cercaire, en charge de l’enquête, profitant de la présence des caméras de télévision, décide de rassurer l’opinion publique en interpellant une vieille dame (la veuve Hô) :

    (…) c’est pour vous que ce garçon est mort, Madame ! (…) pour vous protéger.

    Et la vieille dame de répéter, avec un accent vietnamien approximatif :

    Pouôtédger ?

    Ce dialogue sera ensuite diffusé de nombreuses fois par les chaînes de télévision et l’expression deviendra une sorte de leitmotiv. »

    http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?f=2&t=45992

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  2. Merci pour le lien et l’explication Autour de cette fée carabine 🙂

    Un de mes préférés (juste après la petite marchande de prose) 🙂

    Et voici un extrait pour 20h15 (qui fonctionne aussi pour 18h45 et 20h00)

    « – Je veux que tu me fasses sortir, dit tranquillement Éric en tenant du bout des doigts comme un objet fragile un sandwich à la salade de thon. Nous nous trouvions à la cafétéria du pavillon W, parmi la foule des malades et de leurs visites. À la circonstance, je portais un vieux complet noir et un pull chaussette noir, il était, lui, en uniforme d’hôpital psychiatrique, raide et gris.
    – Pourquoi ça ? demandai-je en me penchant vers lui pour mieux l’entendre à travers le boucan environnant.
    – Il faut que je sorte ; je ne fais plus rien d’utile ici.
    Il regardait par-dessus mon épaule la foule confuse d’individus derrière mon dos.
    – Mais pourquoi moi ? Tu sais que tu ne peux pas me faire confiance.
    Je ne peux pas te faire confiance, eux non plus, personne ne peut te faire confiance.
    – Merci.
    – Mais tu es le seul type à qui l’on ne puisse pas faire confiance de leur côté, qui en sache assez pour nous aider.
    – Tu m’en vois flatté.
    Je souris, me renversai sur ma chaise et, mal à l’aise, absorbai une gorgée de lait chocolaté au moyen de la paille plongée dans mon gobelet en carton. Je n’entendis pas le début de la phrase suivante.
    – …on partira. Je le sais. De toute façon, ça se fera.
    – Quoi ? dis-je en me penchant de nouveau vers lui.
    Je veux que tu nous aides à foutre le camp.
    – Ah, très bien. Et quand ça ?
    – Ce soir.
    – Haaa…, fis-je, comme un médecin qui vient de réunir un ensemble de symptômes particulièrement significatif.
    – Ce soir à 8 heures.
    – Pas huit heures et quart ?
    –Tu vas commander un car pour emmener un groupe de malades voir Hair à Manhattan.le car arrivera à huit heures moins le quart. Tu viendras avec nous et tu nous feras sortir.
    – Pourquoi veux-tu voir Hair ?
    Ses yeux noirs eurent un bref éclair à mon adresse puis se reposer sur la mêlée humaine derrière mon dos.
    – On ne va pas voir Hair. On se barre, précisa-t-il calmement. Toi, tu vas nous faire faire le mur.
    – Mais personne ne peut quitter l’hôpital comme ça, sans un écrit signé du Docteur Mann ou d’un autre directeur de l’hôpital.
    – Tu n’as qu’à faire un faux. Si c’est un médecin qui le remet à l’infirmier de service, personne ne se doutera que c’est un faux . »

    L’homme-dé – Luke Rhinehart

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