A lire un 24 décembre

Éphémérides. Quand le calendrier se fait littéraire.

9782226150721-475x500-1« Mercredi 24 décembre, 10 h 20

SALOMON Murphy, que tout le monde appelle Sal depuis son enfance, enjambe la barrière branlante en bois et s’accroupit, aux aguets, sur l’herbe pelée de la cour. Méfiance instinctive enracinée dans son histoire, exacerbée par la classique paranoïa du drogué en manque. »

Douze Heures pour mourir de Maud Tabachnik (2012)

7 commentaires sur “A lire un 24 décembre

  1. « Ah ! comme la neige a neigé !
    Ma vitre est un jardin de givre.
    Ah ! comme la neige a neigé !
    Qu’est-ce que le spasme de vivre
    À la douleur que j’ai, que j’ai.

    Tous les étangs gisent gelés,
    Mon âme est noire ! où-vis-je ? où vais-je ?
    Tous ses espoirs gisent gelés :
    Je suis la nouvelle Norvège
    D’où les blonds ciels s’en sont allés.

    Pleurez, oiseaux de février,
    Au sinistre frisson des choses,
    Pleurez, oiseaux de février,
    Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
    Aux branches du genévrier.

    Ah ! comme la neige a neigé !
    Ma vitre est un jardin de givre.
    Ah ! comme la neige a neigé !
    Qu’est-ce que le spasme de vivre
    À tout l’ennui que j’ai, que j’ai !… »

    J’aime

    1. 💫 « Je dois partir maintenant ; c’est une belle et douce nuit et j’ai des milliers de kilomètres à parcourir avant le matin – il y a tant à faire. Un baiser froid du Père Nicolas Noël. »(lettre du 24 décembre 1923).

      … Tolkien ✨

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  2. En traversant la cour, ils entendirent une salve de déflagrations qui venait de la forêt toute proche, dans les parages du ruisseau où Mathias et Renée avaient dû laisser la jeep. Un obus passa non loin de la ferme. Jeanne sursauta et renversa une partie du lait qu’elle transportait.
    Dans la cave, les civils étaient tétanisés par les tirs. Personne ne fit donc attention à la mine chamboulée de Jeanne ; on mit cela sur le compte de la peur. Jules grogna, il voulait les Américains dehors. Mais Pike n’était pas décidé à partir ; la radio restait inutilisable, et ils n’allaient pas se fourrer au cœur des combats, avec si peu de munitions, et deux blessés qui n’étaient pas encore en état de marcher.
    On distribua le lait, qui apporta un peu de réconfort. En buvant sa première gorgée, Sidonie fut frappée par une image : elle se revoyait enfant, assise sur les genoux de sa grand-mère, sirotant son « lait de poule » tiède devant le sapin de Noël. Et ça lui revînt: on était le 24 décembre, le soir du réveillon. Personne n’y avait pensé ! Elle dit :
    « Et si on en gardait pour ce soir ? C’est le réveillon ! »
    Tous se figèrent , complètement abasourdis. Noël. C’était presque absurde en un moment pareil, avec la guerre tout autour, les gens qui meurent, qui marchent dans la neige, ou qui attendent, affamés et congelés dans les caves, avec les maisons en ruines, les bêtes éventrées dans les cours, et sur les chemins, les forêts en flammes.

    Today we live – Emmanuelle Pirotte

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  3. Hello 🙂
    Un peu en retard voici l’extrait promis du 24 décembre où l’auteur parle de Proust

    – J’aimerais d’abord savoir des choses sur toi, dit-elle.
    – Quelles choses ?
    – Tout. Comment tu as été élevé, ton âge, ce que tu fais, ce genre de choses.
    – C’est une histoire très quelconque. Je parie que tu t’endormiras en m’écoutant.
    – J’aime les histoires quelconques.
    – Oui, mais la mienne d’histoire quelconque est d’un genre que personne n’apprécie.
    – Ça fait rien. Parle m’en dix minutes seulement.
    – Je suis né le 24 décembre 1954, la veille de Noël. C’est pas drôle de naître ce journal là. Parce que les cadeaux d’anniversaire finissent toujours par compter aussi pour Noël. Tout le monde veut s’en tirer à bon compte. Je suis du signe du Capricorne, du groupe sanguin A, un genre de combinaison qui vous destine à devenir employé de banque ou de mairie d’arrondissement. J’aurais peu d’affinités avec les sagittaires, les balances et les Verseaux. En somme un destin bien monotone, n’est-ce pas ?
    – C’est passionnant !
    – J’ai été élevé dans une ville quelconque où je fréquentai une école tout aussi quelconque. J’étais un enfant taciturne et en grandissant je suis devenu un enfant ennuyeux. J’ai connu ensuite une fille quelconque, et mon premier amour fut quelconque. À 18 ans, je monte à Tokyo et entre à l’université. Quand j’en sors, je crée une petite agence de traduction avec un ami et j’assure ainsi ma subsistance. Il y a trois ans, on a étendu nos activités à la communication d’entreprise et la publicité. C’est une affaire qui se développe comme il se doit. J’ai fait la connaissance d’une fille qui travaille dans la société : nous nous sommes mariés il y a quatre ans et avons divorcé voici deux mois. Difficile de t’expliquer pourquoi en quelques mots. J’ai un vieux matou. Je fume quarante cigarettes par jour. Impossible d’arrêter. J’ai trois costumes, six cravates et cinq cents disques démodés. Je me souviens de tous les assassins dans les romans d’Ellery Queen. Je possède l’édition complète de La recherche du temps perdu de Proust, mais je n’en ai lu que la moitié. L’été je bois de la bière, l’hiver du whisky.

    La course au mouton sauvage – Haruki Murakami

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    1. Bonjour Valentyne, 🙂

      Voici en écho de nos jours ‘CoronaNoëls’, et au seuil d’un troisième confinement … un entretien tout récent, avec la Maestro :

      Entretien avec Haruki Murakami :

      « (…) Nous vivons actuellement dans un certain ordre mondial. Je pense que cet ordre n’est pas éternel, mais temporaire. Toutefois, je ne sais pas quand il sera rompu. Le coronavirus, par exemple, peut très bien le chambouler. Quand cet ordre sera sens dessus-dessous, pour créer un nouvel ordre, la littérature seule ne suffira pas, pas plus que la science seule ne le pourra. Je pense que ce ne sera possible qu’en combinant les deux forces . »

      Source:
      https://www.franceinter.fr/livres/entretien-avec-haruki-murakami

      Aimé par 1 personne

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