A lire un 12 novembre

Éphémérides. Quand le calendrier se fait littéraire.

bm_20_1686916[En exergue du livre]

« Il est poli d’être gai. (Voltaire)

Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre, c’est bien triste, cette année on n’ira pas faire les soldes ensemble. »

 

 

 

 

 

«  La nuit du 12 novembre 1817

Honorine chancela. Tout son corps tressaillait. La fièvre faisait claquer ses dents. Elle fut obligée de se retenir à l’arbre pour ne point tomber à la renverse.

– Tu mens ! dit-elle cependant, mon père est un gentilhomme et un chrétien. Il n’y a point de sang sur sa conscience ! »

Les Errants de nuit de Paul Féval (1857)

5 commentaires sur “A lire un 12 novembre

  1. Bonjour 👋

    Ci dessous un extrait où le 12 novembre n’est pas expressément cité mais une recherche sur le net permet de dater cet extrait au 12/11 sans erreur possible

    Voici l’extrait :
    Chez Mademoiselle Rivière, il y avait une antichambre Louis XVI aux fauteuils recouverts d’un plastique transparent ; un salon de musique où trônait un crapaud Pleyel particulièrement venimeux ; et la mère de Mademoiselle Rivière dont on entrevoyait parfois la silhouette dans les fonds de l’appartement : une ogresse barbue se dandinant entre deux cannes, beaucoup plus inquiétante que la fille d’en bas. J’ai appris plus tard que les dames Rivière encaissaient les loyers de l’hôtel Mon Répit, malgré des scrupules moraux que je devine intenses. Pour l’heure, on s’absorbait dans des dictées musicales riches en quintes diminuées et des gammes aux armures hérissées de dièses. J’imagine aujourd’hui qu’il y avait sous nos pieds une chambre avec un miroir au plafond où des mélomanes perfectionnaient l’art de la bourrée, mais je n’en percevais alors qu’un subtil parfum d’extravagance et de transgression.
    Au fil des mois, quand j’entrais dans la sombre vallée de la rue du Garet, un dilemme me déchirait : j’espérais voir la fille, tellement belle, élégante et gentille avec moi ; et à la fois je redoutais qu’elle m’entraîne au restaurant sans que je sache lui résister. J’étais triste lorsqu’elle désertait son poste, effrayé lorsqu’elle me saluait d’un mot trop affectueux. En toile de fond, les Arabesques de Debussy et les Inventions de Bach : je pressentais que ces affaires-là marchent ensemble mais sans comprendre encore comment.
    Un jour d’automne 1970, l’événement que je redoutais le plus se produisit : tandis que j’attendais l’heure de mon supplice sur un fauteuil recouvert de plastique, l’ogresse encadra sa lourde silhouette dans une porte du salon. Sans un mot, l’air hagard et le visage ruisselant de larmes, elle me fit signe de la suivre. Soudain, la gamme de mi bémol mineur me semblait une partie de plaisir à côté de ce qui m’attendait. Terrifié, je la suivis le nom d’un corridor au bout duquel s’ouvrait un autre salon. Là, un téléviseur sur pied faisait face un canapé où je dus m’asseoir à côté de la vieille. La télévision retransmettait les funérailles du Général De Gaulle, avec qui la sorcière avait dû vivre une passion inoubliable pour pleurer comme elle pleurait : hoquets, sanglots, reniflements, spasmes, elle allait à coup sûr mourir de chagrin sous mes yeux. Pétrifié et mutique, je feignais un intérêt exclusif pour l’écran.

    Emmanuel Venet – Précis de médecine imaginaire

    Aimé par 2 personnes

  2. ‘Le miroir des jours ‘ … Montréal, 1925 (p. 91-92), d’Albert LOIZEAU (1878-1924),

    ‘Rayon de Novembre ‘
    « Comme Novembre est doux, ce matin, dans la brume…
    Le soleil, entre deux nuages gris, s’allume
    Et s’éteint comme sous la paupière un regard.
    On dirait que l’Été rôde au loin, quelque part…
    C’est son haleine qui voltige tiède et lente, —
    Moins le parfum hier encore respiré, —
    Dans le brouillard ténu de la ville bruyante ;
    Et c’est comme un retour de Septembre égaré…
    Mais les arbres n’ont plus de feuilles ; la lumière
    N’y fait plus resplendir ses flammes coutumières,

    Et la pensée en pleurs songe sur un tombeau…

    C’est un jour condamné, comme un enfant trop beau,
    Tardivement venu contre toute espérance,
    Et qui meurt en laissant aux yeux sa souvenance.
    Dans la procession des jours, jour attardé
    Par le plaisir de s’être vu tant regardé,
    Quand il passait joyeux par les champs à l’automne,
    Derrière ses aînés graves et monotones.
    Le voilà solitaire au seuil du rude hiver,
    Insouciant, comme il marchait sur le sol vert !
    Mais c’en est fait déjà de cette douceur grise :
    Le soir prompt et la nuit, procédant par surprise,
    Ont cueilli le beau jour vagabond qui riait.

    Et l’enfant pâle meurt en l’infini muet… »

    Source : https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Miroir_des_jours/Rayon_de_novembre

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s