Un livre croisé une fois (et peut-être une autre)

Do_Une-fois-et-peut-etre-une-autreIl découvre le livre en librairie, vendredi dernier. Le titre, en tranche sur l’étagère, joue de la parenthèse : une fois (et peut-être une autre). Les parenthèses, il aime bien ça. C’est un roman étranger. La langue, c’est du grec. Le titre donne de sa voix originale : μια φορά (και ίσως κι άλλη μία). Les grecques sont des voix chères. C’est une nouveauté de l’année. Du 2019. Il découvre à l’occasion les éditions do. Elles sont situées à Bordeaux (d’où le do ?).

Ce jour-là, il lit le résumé qu’il 4ème couv’ du regard.

« Paraît un jour un livre, d’un romancier allemand, qui raconte l’histoire universelle, sagement absurde bien qu’alambiquée, d’un homme ordinaire, à une époque et dans une ville impossibles à situer. L’ouvrage, dont le titre est Une fois (et peut-être une autre), passe inaperçu ou presque, jusqu’à ce que l’on découvre, sept ans plus tard, l’existence d’un roman « jumeau », au titre et à l’intrigue en tous points identiques. Un livre publié à la même période, mais de l’autre côté de l’Atlantique, dans une autre langue, par un auteur uruguayen. Lequel serait resté dans l’anonymat le plus total s’il ne s’était pas ainsi trouvé, avec son confrère allemand, promu héros d’une vertigineuse coïncidence dont s’emparent vite éditeurs, essayistes, critiques, universitaires… Mais la question demeure : deux hommes, étrangers l’un à l’autre, peuvent-ils réellement avoir écrit le même roman ? »

Il est très tenté. De ces livres dont il se dit « Ah ! J’aurais dû y penser, en avoir l’idée ». Ni une, ni deux (mais do), il le prend pour l’acheter. Puis il le repose. D’autres livres l’appellent. Pourtant, ce jour-là, il ressort de la librairie sans avoir rien acheté pour lui (il a pris pour l’offrir Je transporte des explosifs on les appelle des mots – Poésie & féminismes aux États-Unis, éd Cambourakis)

Pourquoi n’a-t-il pas pris ce livre-là (en plus de l’autre) ?

N’entend-il pas le grincement machiavélique du destin ?

Une petite semaine plus tard, il voit le même livre en bibliothèque. Sur le présentoir. En évidence. Il n’hésite pas cette fois-ci. Un signe, non ?

Il l’a vu une fois (et assurément une autre).

Lorsqu’il commence la lecture dans son transport en commun préféré (une seule syllabe comme dans le nom des éditions do), il est sidéré.

La première page est une épiphanie.

« Au début du mois de novembre 1999, le 7 précisément, Wim Wertmayer publia son roman, une œuvre qu’il avait commencé à élaborer près d’une décennie plus tôt. »

Quoi ? Une chance sur 365 ? Oui, peut-être.

Il aime les éphémérides littéraires depuis le 27 février, date de la première qu’il a trouvée

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