A lire un 6 octobre

Éphémérides. Quand le calendrier se fait littéraire.

[Incipit]  » Chapitre 1 :

Par un joli matin Paris descend au travail

Le mois d’octobre 1908 est resté fameux chez les météorologistes par sa beauté extraordinaire. Les hommes d’État sont plus oublieux. Sinon, ils se souviendraient de ce même mois d’octobre avec faveur. Car il faillit leur apporter, six ans en avance, la guerre mondiale, avec les émotions, excitations et occasions de se distinguer de toutes sortes qu’une guerre mondiale prodigue aux gens de leur métier.


Déjà la fin de septembre avait été magnifique. La température du 29 avait atteint la moyenne des jours de pleine canicule. Depuis, des vents doux de sud-est n’avaient pas cessé de souffler. Le ciel gardait sa limpidité ; le soleil, sa force. La pression barométrique se maintenait aux environs de 770.

Le 6 octobre en se levant, les Parisiens les plus matinaux avaient mis le nez à la fenêtre, avec la curiosité de voir si cet automne invraisemblable poursuivait son record. On sentait le jour un peu moins loin de son commencement, mais aussi allègre et encourageant que la veille. Il régnait dans les hauteurs du ciel ce poudroiement gris des matins d’été les plus sûrs. Les cours d’immeubles, murs et vitres vibrant, résonnaient de lumière. Les bruits ordinaires de la ville semblaient gagner en limpidité comme en joie. Du fond d’un logement du premier étage, on croyait habiter une ville près de la mer, où la rumeur d’une plage ensoleillée vient se répandre, et circule jusque dans les ruelles les plus étroites.
Les hommes, qui se rasaient près des fenêtres, se retenaient de chanter, sifflotaient. Les jeunes filles, tout en se peignant et se poudrant, savouraient dans leur cœur un bouillonnement de romances.
Les rues abondaient de piétons. « Avec un temps pareil, je ne prends pas le métro. » Même les autobus paraissaient des cages tristes. »

Les hommes de bonne volonté, tome I, Jules Romains (1932)

3 commentaires sur “A lire un 6 octobre

  1. Du recueil : « Poèmes votifs » , Anatole LE BRAZ (1859-1926) : ‘Octobre’

    « A Maggie

    Octobre m’apparaît comme un parc solitaire :
    Les mûres frondaisons commencent à brunir.
    Et des massifs muets monte une odeur légère,
    Cet arôme plus doux des fleurs qui vont mourir.
    L’étang, les yeux voilés, rêve, plein de mystère,
    Au fantôme ondoyant de quelque souvenir ;
    Une langueur exquise a pénétré la terre,
    Le temps même a plié son aile pour dormir.
    Le ciel, plus imprécis, fait l’âme plus profonde.
    On sent flotter en soi tout le passé du monde
    Et, secoué soudain d’un grand frisson pieux,
    L’on croit ouïr au loin des rumeurs sibyllines,
    Tandis que, dans la pourpre ardente des collines.
    Semble saigner encor le sang des anciens dieux. »

    Source : http://www.unjourunpoeme.fr/poeme/octobre-2
    ;-), Bon Dimanche , amitiés 🙂

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