A lire un 12 août

Éphémérides. Quand le calendrier se fait littéraire.

516a-eK0JhL._SX210_« Colombes (par fil à la patte) – La chaleur continue à sévir, et l’on signale de nombreux cas d’insolation et d’éthylisme rédhibitoire dans le département de la Seine, pour ne citer que celui-là.

Justement émue de cet état de choses, la préfecture de police a fait allumer des braseros aux principaux carrefours, et des boissons chaudes seront servies dans tous les commissariats et postes de police.

En outre, il est adressé un pressant appel aux personnes charitables : que ceux qui possèdent des vêtements chauds : cache-nez, passe-montagne, gilets de laine, zibelines non mitées, pantoufles fourrées, pardessus doublés de vison, castors et peaux d’luxe, sont priés de bien vouloir les adresser à l' »Os à Moelle » qui se chargera de les remettre aux nécessiteux souffrant de la chaleur. »

L’Os à Moelle, vendredi 12 août 1938

3 commentaires sur “A lire un 12 août

  1. « Sie müssen denken, daß etwas in Ihnen geschieht, daß das Leben Sie nicht vergessen hat, daß es Sie in der Hand hält; es wird Sie nicht fallen lassen »(Schweden, am 12. August 1904)

    « Vous devez penser, que quelque chose en vous advient, que la Vie, ne vous a pas oublié, qu’elle vous tient en sa main, qu’elle ne vous laissera pas tomber » …

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  2. ‘Les fleurs rares’

    « Entreprenant un long voyage
    Ptit Lou hanté par l’histoire de Jussieu
    Au lieu d’un petit cèdre prit… Quoi donc ?… Je gage
    Qu’on de devinera pas ce que Dieu
    Fit prendre à mon ptit Lou :… une fleur rare…
    Dont elle ferait don aux serres de Paris…
    La fleur étant sans prix
    Et Dame Lou voyant qu’elle en valait la peine
    Froissa pour la cueillir sa jupe de futaine.
    Mais en passant dans la forêt
    Allant prendre son train à la ville prochaine
    Ptit Lou vit sous un chêne
    Une autre fleur : « plus belle encore elle paraît !»
    La première fleur tombe
    Et la forêt devient sa tombe
    Tandis que mon ptit Lou d’un air rêveur
    A cueilli la seconde fleur
    Et l’entoure de sa sollicitude
    Arrivant à la station
    Après une montée un peu rude
    Pour s’y reposer de sa lassitude.
    Avec satisfaction
    Ptiti Lou s’assied dans le jardin du chef de gare.
    « Tiens ! dit-elle, une fleur ! Elle est encor plus rare !»
    Et sans précaution
    Ma bergère
    Abandonna la timide fleur bocagère
    Et cueillit la troisième fleur…
    Cheu ! Cheu ! Pheu ! Pheu ! Cheu ! Cheu ! Pheu ! Pheu ! Le train arrive
    Et puis repart pour regagner l’Intérieur
    Mais dans le train la fleur se fane et Lou pensive
    S’en va chez la fleuriste en arrivant :
    « Ces rares fleurs… j’en vais rêvant
    Elles sont si rares, Madame
    Que je n’en tiens plus, sur mon âme !»
    La fleuriste s’exprime ainsi
    Et Lou dut se contenter d’un souci
    Que lui refuse
    Sans lui donner d’excuse
    Le directeur (un personnage réussi)
    Des serres de la ville
    de Paris
    malgré tous les pleurs et les cris
    De Lou qui dut jeter cette fleur inutile.
    Et Lou du
    Vilain personnage
    Quittant le bureau, dut
    Entreprendre à rebours l’horticole voyage.
    Je crois qu’il est sage
    De nous arrêter
    À la morale suivante… sans insister !
    Des Lous et des fleurs il ne faut discuter
    Et je n’en dis pas davantage »

    Secteur des Hurlus, le 12 août 1915
    Guillaume Apollinaire (1880-1918), Poèmes à Lou

    Source: https://www.poetica.fr/poeme-5452/guillaume-apollinaire-les-fleurs-rares/

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