A lire le 1er juillet

Éphémérides. Quand le calendrier se fait littéraire.

510BZH0HSHL._SX195_« Nous la traversâmes nous aussi, derrière les parachutistes; c’était l’après-midi du 1er juillet, et un grand soleil éblouissant planait sur les maisons d’une belle couleur brique patinée par le temps, et sur les rues pleines de silence; la population ayant déserté en masse la ville, il n’y avait que peu de gens à quelques carrefours pour nous voir passer, et ils nous applaudissaient sans écho. »

Les derniers soldats du roi d’Eugenio Corti (2004)


« Le pape se montra impitoyable en regard des prisonniers et il commanda à l’évêque de les mettre à mort. Alors, en juillet de la même année, le premier jour du mois, les hérétiques furent remis au bras séculier. »

Le nom de la rose d’Umberto Eco (1982)

2 commentaires sur “A lire le 1er juillet

  1. 🙂 Brouillon d’un 2, oups, non, 1er juillet, c’est à FLAUBERT que nous le devons:

    À MAXIME DU CAMP

    [Croisset, 1er ou 2 juillet 1852.]

    Mon cher bonhomme,
    Je suis fâché peiné de te voir si sensible. Loin d’avoir voulu rendre ma lettre blessante, j’avais tâché qu’elle fût tout le contraire. Je m’y étais renfermé, tant que je l’avais pu, dans les limites du sujet, tant que je l’avais pu comme on dit en rhétorique – & si je te réponds encore une fois c’est pr te montrer que je ne suis pas piqué.
    Mais prquoi, aussi, recommences-tu ta rengaine ? pr quoi et viens-tu toujours tâter le pouls prêcher le régime à un homme qui a la prétention de se croire en bonne santé ! Je trouve ton affliction à mon endroit comique – & rien de plus voilà tout. – Tu es d’une intolérance exorbitante tu as des types d’existences d’hommes etc. hors desquels tu ne veux rien admettre. Est-ce que je te blâme, moi, de vivre à Paris, et d’avoir publié, etc. ? Lorsque tu voulais même, dans un temps, venir habiter la maison d’Hamard, ai-je applaudi à ce projet ? T’ai-je jamais conseillé de mener ma vie, et voulu mener ton ingenium à la lisière, lui disant : « Mon petit ami, il ne faut pas manger de ça, s’habiller de cette manière, venir ici, etc. ? » J’admets que tu sois une excellente bonne d’enfants. À chacun donc ce qui lui convient. Toutes plantes ne veulent pas la même culture. – Et puis n’y a -t-il pas une fatalité supérieure ? d’ailleurs, toi à Paris, moi ici, nous aurons beau faire, si nous n’avons pas l’étoile, si la vocation nous manque, rien ne viendra ; et si au contraire elle existe, à quoi bon se tourmenter du reste ?
    Tout ce que tu pourras me dire, je me le suis dit, sois-en sûr, blâme ou louange, bien ou mal. Tout ce que tu ajouteras là-dessus ne sera donc que la redite d’une foule de monologues que je sais par cœur.
    Encore un mot cependant. Ce renouvellement littéraire que tu annonces, je n’y crois pas le nie, ne voyant jusqu’à présent ni un homme nouveau, ni un livre original, ni une idée qui ne soit usée. On se traîne au cul des maîtres comme par le passé. – On rabâche des vieilleries humanitaires ou esthétiques. – Je ne nie pas, dans la jeunesse actuelle, la bonne volonté de créer une école. Mais je l’en défie. – Heureux si je me trompe, je profiterai de la découverte.
    (…)

    Dommage (???) , … que la la saisie sur ‘WordPress’, ne prenne pas en comptes les ratures ???
    https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9934

    … Trop drôle: < L’Ours et l’Ours blanc encore. (!!!)

    Salutations amicales .

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  2. Un premier juillet au Canada

    « 1er juillet. Vous fêtez le Canada, mais tu n’as pas le cœur à la fête. Tu es venu quand même. Maata a dessiné une feuille d’érable rouge sur la joue de Cecilia. Vous êtes arrivés ensemble, comme une famille. Tu as apporté de la Budweiser en canettes. Maata ne boit pas, tu bois pour deux.
    Il y a tellement de gens, tu es étourdi.
    La musique est forte : du country en inuttitut. Le drapeau du Canada est imprimé sur des chaises de camping. Un feu de camp où brûlent les vieilles palettes récupérées sur les chantiers. Pas d’arbres, pas de bûches.
    Tu marches un peu, tu salues des cousins, des amis.
    Tu ne vois pas de Qallunaat. Tu te détends légèrement. Tu n’as rien à craindre, Elijah, les Québécois du Sud n’ont pas souvent le cœur à la fête le 1er juillet, mais tu ne peux pas savoir, tu n’as jamais pensé que tu étais Québécois, tu es Canadien, comme la plupart des Inuits, tu écoutes de la musique en anglais, et des films en anglais, et des émissions de télévision en anglais.
    Tu regardes Maata, tu te demandes si elle est déçue, tu cherches la réponse sur son visage, mais tu ne peux rien lire sur sa peau lisse. Tu la laisses parler avec ses copines, tu t’éloignes tranquillement de la fête. »

    Nirliit – Juliana Léveillé-Trudel

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