Quand le romanesque se heurte à un petit pan de mur jaune

petit pan de mur jauneLe goût du peuple français pour le romanesque se heurte à un petit pan de mur jaune

Dans la NRF, publiée en mai 2018, IL disait « Je ne suis que l’émanation du goût du peuple français pour le romanesque ».

Décembre 2018. Le goût du romanesque des Français s’est émoussé.
IL est en chute dans les sondages. Et avec lui le goût du peuple français pour le romanesque.

«Gilets jaunes»: Macron au pied du mur « Parce que c’est notre rejet », murmurent des murs malicieux.

En tout cas le romanesque n’y trouve pas son compte. Le peuple à la rue…euh le peuple a la rue ingrate. Même les plus vieux électeurs LUI* en veulent : ça dévisse aux pays des vermeilles, surtout quand on fait les poches des retraités.

Pas de roman. En lieu et place d’un Guerre et Paix on a un guère épais. Et des pavés qui ne sont ni sur la plage, ni à leur place. Les pavés volent et les écrits restent. « Je ne suis que l’émanation du goût du peuple français pour le romanesque ». Là, rien qui fasse la maille romanesque. Une cour et quelques pages. On touche à la nouvelle, certes bien troussée, avec une bonne chute. Une nouvelle avec un personnage et pour décor la République française. Le palais de L’enlisé.

Ça va mal. Le coup du charme, le coup d’en marche, rien n’y fait. Ce coup de la panne relève de la cote de popularaté. Comment faire, sortir, s’élever ? C’est la prise de chou romanesque.

La vie est pleine de rebondissements, de péripéties, le suspens est à son comble. M. Chirac n’a-t-il pas été élu triomphalement en 2002 ? Certes, mais il faut se magner, le romanesque se frelate et finit en littérature de bas étage, tout juste bonne pour la France d’en bas.

« Nous mènera-t-il au malaise ? À la béatitude ? À la mort ? »

C’est pas la Une du jour, c’est du Proust. Il s’agit de la mort de Bergotte dans A la recherche du temps perdu. Un titre de circonstance.

« Celle de Bergotte survint la veille de ce jour-là où il s’était ainsi confié à un de ces amis (ami ? ennemi ?) trop puissant. Il mourut dans les circonstances suivantes : Une crise d’urémie assez légère était cause qu’on lui avait prescrit le repos. Mais un critique ayant écrit que dans la Vue de Delft de Ver Meer (prêté par le musée de La Haye pour une exposition hollandaise), tableau qu’il adorait et croyait connaître très bien, un petit pan de mur jaune (qu’il ne se rappelait pas) était si bien peint, qu’il était, si on le regardait seul, comme une précieuse œuvre d’art chinoise, d’une beauté qui se suffirait à elle-même, Bergotte mangea quelques pommes de terre, sortit et entra à l’exposition. Dès les premières marches qu’il eut à gravir, il fut pris d’étourdissements. Il passa devant plusieurs tableaux et eut l’impression de la sécheresse et de l’inutilité d’un art si factice, et qui ne valait pas les courants d’air et de soleil d’un palazzo de Venise, ou d’une simple maison au bord de la mer. Enfin il fut devant le Vermeer, qu’il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu’il connaissait, mais où, grâce à l’article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu’il veut saisir, au précieux petit pan de mur. « C’est ainsi que j’aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune. » Cependant la gravité de ses étourdissements ne lui échappait pas. Dans une céleste balance lui apparaissait, chargeant l’un des plateaux, sa propre vie, tandis que l’autre contenait le petit pan de mur si bien peint en jaune. Il sentait qu’il avait imprudemment donné le premier pour le second. « Je ne voudrais pourtant pas, se disait-il, être pour les journaux du soir le fait divers de cette exposition. »

Il se répétait : « Petit pan de mur jaune avec un auvent, petit pan de mur jaune. » Cependant il s’abattit sur un canapé circulaire ; aussi brusquement il cessa de penser que sa vie était en jeu et, revenant à l’optimisme, se dit : « C’est une simple indigestion que m’ont donnée ces pommes de terre pas assez cuites, ce n’est rien. » Un nouveau coup l’abattit, il roula du canapé par terre, où accoururent tous les visiteurs et gardiens. Il était mort. »

Puisse la céleste balance faire comprendre que la politique actuelle est trop sèche et qu’elle manque de couleurs.

5 commentaires sur “Quand le romanesque se heurte à un petit pan de mur jaune

  1. Émanations … aiment à Nation…

    Et re PAN:  » Tous les pouvoirs publics, sans distinction, sont une émanation de la volonté générale; tous viennent du peuple, c’est-à-dire, de la Nation. Ces deux termes doivent être synonymes. »

    Emmanuel Joseph SieyèsPremier projet de Déclaration des Droits, 20-21 juillet 1789. de Emmanuel Joseph Sieyès

    Quant au re Pan de Pan cachés, … c’est à se figurer, qu’il y ait des émanations de volontés du Peuple … Là, c’est en tout bon dictionnaire encyclopédique qui se respecte.

    🙂 Mercis pour cet article. Avec cordiales salutations.

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  2. Et en attendant qu’ARVIE y arriva … à Vesoul comme par ailleurs …C’est pas ‘qu’arvi’ pas !!!
    z’OYEUX Nöel !! … Z’onny Cash en jaune à la guitare :

    🙂 Cordiales amitiés, et bon dimanche

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