Il a exercé divers métiers avant de se consacrer à l’écriture

512H0QCTY5L._SX315_BO1,204,203,200_Si l’écrivain descend du songe, l’auteur descend fréquemment de sa tour d’ivoire.
« J’ai toujours tâché de vivre dans une tour d’ivoire ; mais une marée de merde en bat les murs, à la faire crouler. ».
Flaubert n’est pas la seule référence dans le métier.

Une tour d’ivoire a un coût et certains écrivains passent une partie de leur vie à mettre de côté pour parvenir à la bâtir. Il ne s’agit pas uniquement d’argent mais d’émotions, de sensations, de relations humaines…

Il a exercé divers métiers avant de se consacrer à l’écriture.

Une 4ème de couverture peut utiliser à l’occasion cette formule pleine de promesses. La phrase peut aussi figurer à l’avant sur un bandeau rouge.

L’éditeur joue sur la fascination du lecteur pour des figures éclatantes, des auteurs dont l’existence fut un bouillonnement de vie. Une partie de sa vie passée à la remplir.

C’est une tradition qu’on ferait bien remonter à Jack London.

Jack London : balayeur de jardins publics, pilleur d’huîtres, agriculteur, menuisier, éleveur de poulets, chasseur de phoques, chercheur d’or…

La formule attire l’œil, émoustille le lecteur. Un livre écrit par un écrivain-baroudeur est la promesse d’un récit palpitant, bourré de péripéties empruntées à la vie tumultueuse de l’auteur. Du textostérone. La vie sur le fil d’un auteur marqué par le sens des réalités.

John Steinbeck : ouvrier de ferme, maçon, matelot, vendeur, serveur, assistant de laboratoire, peintre, gardien de nuit…

L’écrivain qui a exercé de nombreux métiers diffère de l’écrivain-voyageur. Le petit boulot n’est pas un voyage au long cours. Il ne s’agit pas, après avoir traversé le monde, de couvrir les pages de ses livres de sa réponse à un appel du large, mais de souligner la précarité du monde salarial, voire de la dénoncer, et de faire contre mauvaise fortune bon cœur d’écrivain.

Iain Levinson : conducteur de camions, peintre en bâtiments, déménageur, pêcheur en Alaska…

Cette diversité nourrit aussi, pour le bonheur des lecteurs, des récits échevelés, humoristiques.

Arto Paasilinna : bûcheron, ouvrier agricole, flotteur de bois, chasseur, journaliste (Ce n’est qu’un au revoir, Arto)

Il a exercé divers métiers avant de se consacrer à l’écriture.

C’est évidemment l’objet de détournement. Ne vous fiez jamais à un chauffeur de bus nu, Jack Douglas, éd. Wombat, 2012 :

« Après avoir passé ses huit premières années dans la vitrine d’une animalerie, et l’essentiel du restant de sa vie dans un élevage de moutons perdu au fin fond de l’Australie – d’abord comme berger, ensuite comme mouton -, M. Douglas a écrit son troisième livre. […] Fils d’un voleur international de bijoux et d’une femme pur-sang, M. Douglas fut enlevé à l’âge de onze ans par des gitans myopes, puis revendu à ses parents, qui étaient tout aussi myopes. » (écrit par Jack Douglas lui-même)

11 commentaires sur “Il a exercé divers métiers avant de se consacrer à l’écriture

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