L’AUTEUR LE PLUS VOLÉ AUX USA

cvt_Apporte-moi-de-lamour_2941Dans un article de journal, il découvre l’existence de la périphrase : « L’auteur le plus volé aux USA. »

Cet auteur, c’est Charles Bukowski (1920-1994), écrivain à jamais associé, en France, à Cavanna et à son apostrophe à Apostrophes : « Ta gueule, Bukowski » (et le grand barbu n’avait pas volé le reproche d’avoir trop bu-kowski). Bukowski, c’est, comme on dit, une figure de la contre-culture, mais au titre contre-productif pour les librairies.

« l’auteur le plus volé »

Quand l’art est remplacé par larcin, la grosse caisse aboie et l’enregistreuse ne se souvient plus, tiens !, d’avoir vu passer cet article (oui un livre, en caisse, devient simple article). C’est le bazar d’autant plus quand « l’auteur le plus volé », Charles Bukowski himself, se moque d’elle en arborant les initiales d’une Carte Bancaire. Charles Bukowski ou CB, tu parles : le sans contact a ses limites. (et les initiales n’ont jamais de limites, R.G B.D, initiales Bibli, ou autres JFCas de la littérature).

En fait, comment un écrivain se transforme-t-il en auteur le plus volé ?

Petit ABC des écrivains qui préfèrent la gouttière aux achats, petit ABC des phobiques de la carte bancaire, des a-CB, des a-guichets.

– La liberté prônée par un auteur doit jouer. Comment acheter les livres d’un écrivain qui se fait un devoir de ne pas être bouffé par le système marchand, qui clame haut et fort, chiffre de vols à l’appui, qu’il n’est pas un écrivain vendu ? Une liberté prônée à la barbe des libraires.

– Un prix jugé exorbitant pousserait-il au crime ? Sans doute qu’un prix élevé joue sur les courbes de vol. Des vocations ont dû naître. L’envol de l’euro a certainement engendré l’euRobin des Bois de l’industrie du papier relié, sur les rotatives de la chère woodforest. C’est une question de musique : à l’achat, le coup de cinq balles étant rare, on se moque de la grosse caisse en la fraudant.

– Les voleurs connaissent très bien la logique marchande. Si le prix du livre est élevé, le business de la revente intéresse. C’est un appétissant Vol for sale. Dérobé puis revendu sur Ebay.

– Il y a le livre policier qui sous-entend le vol…mais aussi l’enquête et la découverte du coupable.

– Vole-t-on dans les plumes classiques ? Le classique est incontournable. Il est donc partout. Il est concerné par toutes les étapes du système de la lecture. Il s’achète, se prête, se vole, se brade. Problème, il est souvent vieux, voire antique, et n’est plus concerné par les droits d’auteurs. Il est facile à trouver, sans débourser un sou : il loge sur wikisource.

– Enfin, il y a le plagiat.
Sous de faux airs respectables, il y a du faussaire. Le plagiaire a soif des mots des autres. C’est du vol entre auteurs. Ce n’est pas le vol bêtement matériel d’un livre, c’est un vol de mots qu’on rematérialise dans un autre ouvrage, une autre étagère, une autre librairie. L’auteur volé ignore son ubiquité jusqu’au jour où se lève le rideau sur le vol. Bon, même si cette activité compulsive est coupable, le plagiaire ne dé-lit pas. C’est plutôt bien tous ces livres ouverts, non ?

James Brown assumait d’être plagié :

“Je suis le plus samplé, le plus volé. Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à vous est à moi aussi. »

James Brown n’a rien d’un Samplé de Walt Disniais. Le grognon Brown sait bien ce qu’il dit. Say it loud, i’m proud…Tiens, existe-t-il, en France, des librairies Proudhon arborant sur leur vitrine « La librairie, c’est le vol de l’esprit ».

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3 commentaires sur “L’AUTEUR LE PLUS VOLÉ AUX USA

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