LA NIDIFICATION DU BUTOR

Butor étoilé, Botaurus stellaris.« Cet oiseau, qui vit dans la boue, dont j’imagine les viscères remplies de boue, il porte la boue sur sa livrée, il est vêtu d’éclaboussures. C’est qui est extraordinaire c’est que toute cette maculature peut se renverser en constellation dans le vol migratoire septembral dont ces vols vespéraux dont parle Buffon sont l’esquisse. C’est comme la poésie qui transforme en illumination ces souillures sur la page blanche que sont les lettres, surtout les lettres manuscrites, les pattes de mouche. » (Michel Butor, Le Retour du Boomerang, Puf, 1988)

La Nidification du Butor est un roman paru la même année que Le Vent de Claude Simon. Cette œuvre, sans cesse renouvelée, appartient au patrimoine naturel français. Elle aime les zones d’encre et les temps de lecture crépusculaires. Ce Butor est étoilé au plan international (au contraire des râles d’Europe, confinés au vieux continent).

Première partie
Le narrateur est un butor, un étoilé né. Au cours d’une migration printanière entre Paris et Rome afin d’élargir son domaine vital, il passe en revue les différentes étapes de sa vie d’oiseau. Il pense à sa compagne, Henriette la butor, à ses quatre petits, alors qu’il va retrouver à Rome sa maîtresse, une jeune colombe. Il est fermement décidé à rompre avec sa compagne baguée et a le projet de faire migrer sa blanche et tendre en France.

Deuxième partie
Il rêve qu’il vole en France et en Italie. Les paysages de Paris se superposent à ceux de Rome. Puis sa réalité se modifie et l’oiseau ne sait plus où nidifier.

Troisième partie
Il est en Italie. Après une rapide séance d’ornithomancie (et des cris gutturaux et très sonores), il réalise que sa colombe n’est pas séparable de son habitat naturel, l’Italie. Du coup, la ville aux sept collines devient une simple halte migratoire, sans nidification, avant son retour à Paris. Sa maîtresse, l’ayant attendu en vain, lui fait une scène en son absence et le traite de «Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule !»
Le butor revient à Paris, désolé et désailé. Retrouvant sa compagne et son train-train, il espère s’épargner une guerre des étoilés.

Le roman devait au départ raconter le voyage d’un butor de Paris en Camargue. Pour cette raison le premier titre envisagé était Les Écrevisses de Louisiane. L’éditeur s’opposa fermement à ce choix parce qu’un titre pareil faisait courir le risque au livre de s’égarer parmi les manuels de cuisine.

3 commentaires sur “LA NIDIFICATION DU BUTOR

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